Vers le Dimanche 16 février 2020

6ème dimanche du temps ordinaire

Lundi 10 FévrierMardi 11 FévrierMercredi 12 FévrierJeudi 13 FévrierVendredi 14 FévrierSamedi 15 FévrierDimanche 16 Février

Quel est mon but ?

Dès le début de son discours, Jésus est très clair en fixant l’horizon de tous nos actes et de toutes nos pensées : il nous propose un but, celui d’entrer dans le Royaume des cieux. Non pas un « paradis » dans lequel on entrerait après la mort grâce à une série de « Bonnes Actions » validées par saint Pierre. Non, le Royaume des cieux est déjà présent, au milieu de nous ; nous sommes appelés à en vivre et à l’annoncer. Et moi, quel est mon but ? Je demande au Seigneur de faire grandir en moi le désir du Royaume.

Aller plus loin

Jésus parle de « votre justice ». C’est une expression quelque peu inhabituelle. Quelle est-elle « ma justice » ? Cela renvoie à mon « système de valeurs », au principe qui guide mes actions. Or, le christianisme n’est pas un système de valeurs, c’est la rencontre avec le Christ vivant. Jésus invite à aller plus loin. Il est bon, et même nécessaire, de respecter les lois. Mais avec le Christ, nous faisons un pas de plus : dépassant le seul souci de la justice humaine, nous sommes invités à vivre selon l’amour du Christ. Et ça, ça change tout ! Dans ma prière, je demande au Seigneur de dépasser ma justice.

Qu’ai-je appris ?

À trois reprises, Jésus commence ses phrases par « vous avez appris qu’il a été dit ». Il part du point où en sont ses disciples, de leurs références, de ce qu’ils estiment juste. Jésus part de notre système de valeurs et nous invite à le dépasser, ce qui ne veut pas dire l’effacer. Je prends un moment pour me demander ce que moi j’ai appris, et de qui ? quels sont les discours, les codes, les lois, les repères qui structurent ma vie ? Je peux prendre un temps pour en rendre grâce au Seigneur.

La colère

Jésus rapproche le meurtre de la colère. Bien sûr, il est mal de tuer et le meurtrier doit être jugé. Mais passer en jugement parce qu’on se met en colère ! Ce qui est en jeu, c’est la relation à l’autre : est-ce que j’accepte que l’autre existe ? Est-ce que je cherche à le changer, à le faire taire, à lui faire du mal, même inconsciemment ? Nous avons reçu ce commandement : « aimez-vous les uns les autres ». Il est parfois difficile d’accepter la présence d’un autre. Alors, l’aimer ! Je prie pour les personnes avec lesquelles j’ai le plus de mal à vivre et supplier Dieu de m’apprendre à les aimer.

La convoitise

Jésus rapproche l’adultère des regards de convoitise. Si je regarde avec désir une personne, voire si je fantasme à son sujet, je ne fais en soi rien de mal. Or Jésus invite à aller plus loin, il nous renvoie à notre responsabilité. Notre regard, notre coeur, notre affectivité, notre sexualité sont des lieux délicats dans lesquels Jésus invite à la foi et à l’amour. N’ayons pas peur de parler à Dieu de nos désirs, de nos frustrations, de nos luttes intérieures ; demandons-lui la grâce d’un regard chaste, afin d’aimer en vérité. Dans le calme, je prends le temps de parler au Seigneur de ces lieux « délicats ».

Les trois tamis

Jésus invite à simplifier notre parole, à la purifier. Ne pas jurer, être en cohérence avec ce que nous disons. Combien de fois nos oui sont-ils en fait des « oui, mais » ? Des oui « avec astérisques » ou « avec conditions » en quelque sorte. Aujourd’hui, je passe ma parole par trois tamis : ce que je vais dire est-il vrai ? Est-ce utile ? Est-ce bon ? Ces 3 tamis sont des repères sûrs. En faisant cet exercice, ma parole deviendra plus juste, grâce à Dieu.

Le combat intérieur 

Jésus nous appelle à être des êtres unifiés, qui n’ont pas d’un côté, leur foi et de l’autre, leurs paroles ou leurs actes, des êtres qui ne se réfugient pas derrière le respect de la loi, à dire « je n’ai rien fait de mal » pour être tranquilles. Jésus sait que le vrai combat se joue en nos coeurs : quelles sont, en moi, les pensées que je choisis d’écouter ou de rejeter ? Les penchants que je choisis de favoriser ou de contrer ? Les moyens que je prends pour apprendre à aimer ce prochain qui m’insupporte ; pour avoir sur l’autre un regard chaste ; pour avoir des paroles qui ne soient pas du vent mais des paroles vraies. La sainteté passe par ce combat. Le Christ combat à nos côtés. N’hésitons pas à faire appel à lui !

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

chapitre 5, versets 20-22a.27-28.33-34a.37 (version brève)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son coeur. Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne manqueras pas à tes serments, mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout. Que votre parole soit « oui », si c’est « oui », « non », si c’est « non ». Ce qui est en plus vient du Mauvais. » © AELF