Vers le Dimanche 9 juin 2019

Dimanche de la Pentecôte

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Amour, commandement

Cet extrait du premier discours d’adieu m’accompagnera jusqu’à la Pentecôte. Il est dense. Rien de tel que de le laisser résonner « par morceaux ». Étonnante première parole où Jésus relie les termes « amour » et « commandement ». Le premier suggère le sentiment, la liberté, la gratuité… Je rechigne peut-être davantage au second, qui renvoie à l’ordre, la contrainte, l’obéissance. Jésus, Dieu fait chair, les associe ! Ainsi, l’amour ne serait pas réductible au sentiment que j’en éprouve. Qu’est-ce que cela m’apprend sur l’amour véritable ? Quelle expérience en ai-je ? 

« Je prierai le Père »

Jésus est en constante relation avec son Père. Le « prier », c’est confesser que ce dernier est autre. Le Père et Jésus sont indissociables, et irréductiblement distincts. En entendant sa promesse de « prier le Père » au moment du discours d’adieu, je me remémore les passages d’évangiles où il a déjà témoigné de ce lien indéfectible. Lesquels me touchent davantage : quand il appelle ou envoie les disciples ? Quand il nourrit les foules ? Quand il guérit ? Quand il discute avec les Pharisiens ? Quand il est mis en croix ? 

Un « autre Défenseur »

Le Père, nul ne l’a jamais vu, dit saint Jean au début de l’évangile. Et voilà qu’en douceur, le Fils fait part d’un « autre Défenseur ». Mystérieux personnage, clairement annoncé mais peu décrit. Inspirons-nous de l’évocation qu’en a faite Joseph Moingt, théologien au milieu des années 2000, pour tenter de comprendre : il est « l’épanchement réciproque de l’amour du Père et du Fils l’un pour l’autre, il ne prend pas place à la suite des deux, mais entre eux, en excès : il est ce qui surabonde et déborde. Lui qui est leur identité, leur bien commun, il ne se tient pas entre eux pour les inviter à fusionner en lui, mais au contraire pour le leur interdire, car il est irrécupérable par aucun des deux, étant ce qu’ils se sont donné l’un à l’autre d’une donation irrésiliable : il est ce qui reste, un surplus infini, ce qui est à donner à d’autres »? 

Créer l’espace

Le texte « saute » par-dessus l’objection de Jude, qui se demande pourquoi Jésus se manifeste aux seuls disciples et non à l’ensemble du monde. Jésus signale qu’il faut rendre possible la relation, en créant un espace qui permet au Père et au Fils de manifester leur amour et de s’enraciner, de « demeurer » en les hommes. Méditer avec Vers Dimanche est une manière de faire quotidiennement cette place à Dieu. Je rends grâce pour cet outil mis à ma disposition.

La parole du Père

Comment une parole de Jésus peut-elle n’être que de lui ? Une fois encore, Jésus s’en remet au lien avec le Père. La langue « peut se vanter de faire de grandes choses », dira saint Jacques, rappelant qu’« un tout petit feu peut embraser une très grande forêt ». Il est impressionnant, le pouvoir des mots : pour réconforter ou blesser, pour ressusciter ou pour tuer. Quelles paroles de vie, de mort, ai-je entendu dans mon entourage ou les discours publics, cette semaine ? 

Efficacité de l’Esprit

Le mystérieux Défenseur reçoit son nom, l’Esprit Saint. Jésus promet qu’il « enseignera tout ». La présence de Dieu se trouve définitivement « décloisonnée », non plus limitée par le temps et l’espace au temps de Jésus. Je goûte à cette Parole en méditant sur la plénitude de Dieu en tout, s’immisçant partout chez ceux qui lui font un peu de place. La preuve de son efficacité : 2000 ans après, nous continuons « de nous souvenir de ce que Jésus a dit ».

Et maintenant, on va où ?

« L’Esprit est l’inépuisable gratuité de l’amour du Père et du Fils, le Don gracieux et tout gratuit qui donne d’exister à ceux à qui il désire se donner », poursuit le théologien cité mercredi. Notre Église n’en est pas propriétaire, mais une de ses demeures : nos communautés ne vivront qu’en refusant d’être closes et en maintenant une béance pour y laisser entrer l’Esprit Saint. L’Esprit ne se manifeste pas forcément par le « violent coup de vent » (1ère lecture) qu’ont entendu les apôtres mais, assurément, il renouvelle nos manières d’être au monde. Lecture des Écritures, aide aux pauvres, engagement écologique… : par quel « lieu » l’Esprit Saint va-t-il faire bouger nos communautés ?

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Chapitre 14, versets 15 à 16 et 23b à 26

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » © AELF – Test des oeufs de Pâques en Église?