Vers le Dimanche 6 octobre 2019

27ème dimanche du temps ordinaire

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Foi augmentée ?

Jésus vient d’enseigner la nécessité du pardon à l’intérieur de la communauté : Dieu ne se lasse pas de pardonner; les humains sont appelés à une attitude semblable. Du point de vue des apôtres, il y a de quoi être inquiet, d’où leur requête d’augmenter en eux la foi. Devant la tâche, il m’arrive de formuler une demande similaire, en me disant que si j’étais plus affermi dans la foi, les choses seraient plus faciles. Ne m’est-il pas arrivé, dans le secret, de jalouser un peu les personnes de mon entourage dont la foi semble si forte. Je fais mémoire de ces épisodes de ma vie. 

Grain de moutarde

Loin d’exaucer la demande, Jésus semble dire que le « niveau » de foi des apôtres avoisine? zéro. Un grain de moutarde, c’est le plus petite des semences (cf. Mc 4, 31). Réponse aussi déroutante que? rassurante, aussi : si les apôtres, qui ont vu Jésus, n’ont pas la foi, peut-être que moi qui ne l’ai pas vu, avec mes moyens limités, je n’en suis pas si éloigné que ça, de la foi… Jubilation donc ! 

Toujours y croire

Extraordinaire pouvoir de la foi qui peut planter un arbre dans la mer. Inspirée d’un autre passage de l’Évangile, ne dit-on pas qu’elle peut « déplacer les montagnes » ? Dans des cas extrêmes (déportation, torture, persécution), la foi a donné à des millions de chrétiens de traverser les épreuves. Dans ma vie quotidienne, n’est-il pas également nécessaire de croire, au moins un peu, dans chaque entreprise ? Sur le long terme, pour élever un enfant (en se reconnaissant appelé à lui transmettre des valeurs) ou, ponctuellement (en se rendant à un rendez-vous professionnel)… Je réfléchis à cela. 

Reconnaissance

« Prépare-moi à dîner, ensuite tu mangeras à ton tour ». Un tel ordonnancement de la vie en société peut surprendre; à l’époque, l’esclavage régit les rapports sociaux. Ici, Jésus ne les remet pas en cause directement mais, en posant la question de la reconnaissance, il ouvre une brèche dans la manière de vivre ces rapports. Dans les liens marchands qui me lient à ceux qui m’emploient ou que j’emploie, n’y a-t-il que du « normatif » ou bien, aussi, de la reconnaissance, comme cette capacité à déceler qu’il s’y joue quelque chose de gratuit ?

Serviteurs inutiles

Nous sommes des « serviteurs inutiles ». Parole dure, à première écoute. Nous parlions hier de reconnaissance, et Jésus explique ici que ce que nous entreprenons n’a pas d’« utilité ». C’est le moment d’examiner mes missions, mon métier, ma vocation… Ils sont peut-être un motif de fierté ; sans remettre en cause ce sentiment, suis-je capable de reconnaître qu’ils sont « inutiles » et qu’ainsi, mon existence, ce que je « vaux », ne repose pas sur ma manière d’être serviteur ? Mon identité la plus profonde est-elle une fonction (métier, conjoint…) ? N’est-elle pas plutôt être sujet de l’amour du Seigneur ? 

Aimé sans mérite

Jésus n’appelle pas, comme dans d’autres passages, à me faire serviteur. Mais dans le fond, en me regardant comme serviteur inutile, il rappelle que l’amour de Dieu n’est pas conditionné par ce que je fais. Quelle nouvelle apaisante ! Dieu m’aime non parce que je le mérite, mais parce qu’Il est amour. Je suis invité à renoncer à toute prétention, à l’idée que Dieu attende de moi d’être plus que je ne suis. Je n’ai qu’à répondre à son amour par l’amour de mes proches. Ma manière de m’investir dans ma tâche, professionnelle, familiale, s’en trouve-t-elle renouvelée ?

Le juste vivra par sa fidélité

Dans les lectures de ce dimanche, le Seigneur veille. Il n’est pas insensible aux violences que nous endurons. Au prophète Habaquq, qui relate l’oppression, le Seigneur demande d’« écrire la vision ». N’est-ce pas un travail analogue de veille auquel s’astreint l’Église lorsque, à travers les plaidoyers du Secours catholique ou du CCFD par exemple, elle consigne les ravages contemporains ? Extension de la culture du déchet, indifférence, pillage des ressources naturelles… Cette vision n’est « que pour un temps », alors que « le juste vivra par sa fidélité ». Que l’eucharistie de ce jour « ravive le don spirituel que Dieu a déposé en nous » (deuxième lecture) pour que la foi, même plus petite qu’une graine de moutarde, nous fortifie.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Chapitre 17, versets 5 à 10

En ce temps-là, les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : « Déracine-toi et va te planter dans la mer », et il vous aurait obéi. « Lequel d’entre vous, quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes, lui dira à son retour des champs : « Viens vite prendre place à table » ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : « Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et boive. Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour » ? Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres ? De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : « Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir. » » © AELF