Vers le Dimanche 10 janvier 2021

 Le Baptême du Seigneur

Lundi 4 JanvierMardi 5 JanvierMercredi 6 JanvierJeudi 7 JanvierVendredi 8 JanvierSamedi 9 JanvierDimanche 10 Janvier

Celui derrière

Nous allons cheminer chaque dimanche avec l’évangile de Marc. Celui-ci commence abruptement. La description faite de Jean le Baptiste rappelle celle d’Élie, dépeint dans le deuxième Livre des Rois (1, 8) : « un homme avec une toison et un pagne de peau autour des reins. » Cet homme est tout entier tourné vers celui qui « vient derrière ». Préparer le chemin d’un autre : qu’est-ce que cela indique de ma vocation ? Quels sont ceux qui m’ont préparé un chemin ? Ceux dont je suis appelé à préparer le chemin ? Mon conjoint ? Mon enfant ? Un collègue ? 

Deux baptêmes ?

Un baptême avec de l’eau, un autre avec l’Esprit Saint : Jean, dont on nous dit juste avant que son baptême est pour « la rémission des péchés », instaure une différence entre les deux. La concision de l’évangile, peu explicatif, m’enjoint de me plonger dans cette mystérieuse parole de Jean. Quel sens cela a-t-il de distinguer les deux baptêmes ? En faisant mémoire des baptêmes auxquels j’ai assisté, celui que j’ai moi-même reçu, je constate qu’il y avait bien de l’eau? et qu’on y a invoqué l’Esprit Saint ! Ces deux baptêmes sont-ils si distincts ? Reviennent-ils « au même » ? Je médite cela. 

Surgissement

« Jésus vint ». Là aussi, pour les détails, on repassera. Le texte de Marc, le plus ancien des évangiles, ne contient pas de récit d’enfance. L’« événement Jésus » nous le fait directement apparaître adulte. Il vient de Nazareth, une ville tranquille de Galilée, quasiment insignifiante. J’essaie de me représenter comment les témoins de cette venue l’ont interprétée. Curiosité, hostilité, bienveillance, défiance, indifférence, joie, circonspection : quel est mon sentiment profond à cette annonce que « Jésus vint » ?

Solidaire des pécheurs

La seule allusion que Jésus fera au baptême dans l’évangile sera au chapitre 10, verset 38. Le « baptême » dont il sera « baptisé », annonçant par là même sa mort à venir. En recevant le baptême de Jean, Jésus se solidarise de l’homme pécheur. Tout comme à la croix, lorsqu’il connaît le destin de l’homme pécheur, « mis au rang des malfaiteurs ». Ainsi donc, tout en restant distincts, les deux baptêmes sont irréductiblement reliés par l’homme Jésus. L’eau manifeste mon désir d’être purifié du mal, une création nouvelle, et cette nouvelle création est aussi habitée par l’Esprit Saint, comme celle narrée au commencement du monde (Genèse). La présence de Jésus change tout. Je réfléchis à cela. 

Signes cosmiques

Ce changement est manifesté par les signes cosmiques : les cieux se déchirent, une voix se fait entendre, la colombe descend. On n’est plus dans le baptême « uniquement » pour une rémission des péchés. Jésus, sortant de l’eau, se relève déjà de la mort. Je prends le temps de contempler Jésus se relevant de l’eau, et goûte cette scène qui exprime déjà le mystère pascal. 

Alliance en Christ

« Tu es mon fils bien-aimé. » La parole n’est pas sans rappeler le début du premier chant du serviteur (Is 42). Tout l’amour qu’il y a en Dieu nous atteint par le Christ. C’est Lui, le lieu de la rencontre, de l’alliance. Je goûte le parallèle que la colombe opère entre l’engendrement du monde et l’engendrement du Fils. Or celui-ci est une personne de chair, historique, homme au milieu des hommes, qui un jour m’appelle à être son « ami ». Loin d’être spectateur dégagé de la scène, je suis, moi aussi, solidaire de ce récit. Quelles implications, pour moi, à l’aube de cette nouvelle année ?

Laissons notre communauté naître de Dieu

« La parole qui sort de ma bouche ne revient pas vers moi sans effet » (Is 55, 11 – première lecture). Et si nous nous mettions à y croire, en communauté ? Oui, toute parole est à même de changer le cours de l’histoire. Paroles blessantes qui tuent ou paroles de vie qui réconfortent, consolent, ravivent. Ainsi en est-il de celle de Dieu que nous proclamons chaque dimanche. En croyant que cet homme de Nazareth est le Christ, né de Dieu, nous sommes à notre tour « engendrés de Dieu » (deuxième lecture). C’est-à-dire engendrés à une vie nouvelle, à la joie, à la Vérité. L’Esprit de Dieu nous habite et rend notre communauté infiniment plus forte que ses faiblesses (vieillissement des équipes animatrices par exemple) ne pourraient le laisser croire.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Chapitre 1, versets 7 à 11

En ce temps-là, Jean le Baptiste proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. » En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. Et aussitôt, en remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Il y eut une voix venant des cieux : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. » © AELF