Vers le Dimanche 16 mai 2021

7ème dimanche de Pâques

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Unité

En nous confiant à son Père, Jésus formule une prière simple : que nous soyons « unis », d’une unité semblable à celle qui le relie déjà lui-même au Père. Voeu mystérieux, qui décale un peu les prières courantes que nous faisons pour la paix, la santé, les dirigeants, etc. Pourtant, à l’ombre de la pandémie, l’unité des peuples et des sociétés a été mise à rude épreuve, certains distillant des informations erronées, avec le dessein de semer le trouble, la confusion, la division. Comment ce désir d’unité résonne-t-il en moi ? Où ai-je envie de le voir se réaliser : à l’échelle de ma famille ? Mon entreprise ? Mon mouvement d’Église ? L’Église ? 

Veilleur attentif

Jésus est notre maître, il a « veillé » sur nous. Dieu m’a peut-être été présenté, autrefois, comme un être distant. À travers son Fils, il m’est révélé comme étant ce pasteur qui prend soin des brebis, du guérisseur qui relève les malades, de l’ami qui déjoue les pièges des savants? et de celui qui ne veut pas même pas user de son autorité pour contraindre Judas, quand celui-ci se fourvoie par appât du gain. Le veilleur, comme le prophète, est l’inverse de celui qui suit le mouvement. Il reste debout quand les autres s’assoupissent, apaise quand règne l’angoisse? Qui veille sur moi ? Qui suis-je appelé à veiller ? 

Traverser l’épreuve

Jésus n’a eu de cesse de nous prévenir que marcher à sa suite serait parsemé de difficultés. Ici, Jésus ne sollicite pas le Père pour que nous soyons ôtés d’un monde qui lui est hostile, mais bien pour que nous puissions « vivre » le conflit sans en mourir. Toute épreuve a une fin. Ne provoquons pas les difficultés par masochisme, mais accueillons-les avec courage, endurance et foi dans la vie du Seigneur qui s’écoule en nous et nous les fera traverser. 

Laisser la place

Aujourd’hui, c’est l’Ascension avec la finale de l’évangile de Marc. « Jésus fut enlevé au ciel et il s’assit à la droite de Dieu. » Jésus se retire à nos regards pour nous laisser le champ libre. Les apôtres sont renvoyés à la mission? et nous avec. Pas de risque d’une vision qui sature la vue, de fascination. Le passeur sait se retirer à temps pour laisser déployer son art chez chacun, et donc aussi en moi. Je lui en rends grâce.

Foule de « Matthias »

Pour être « envoyés dans le monde », nous pourrions croire qu’il faut une grosse préparation. Pourtant les apôtres sont des gens comme tout le monde : collecteur d’impôt, pêcheurs? Pas forcément les plus certifiés ou qualifiés. Et que dire de Matthias que le sort désigne pour rejoindre le groupe dans le livre des Actes. Son existence a changé de trajectoire à partir d’un acte anodin, selon ce que nous racontent les Actes des Apôtres. Aujourd’hui, il est fêté par l’Église. À travers Matthias, je célèbre les anonymes appelés à une vie nouvelle, au gré d’un élément peu flamboyant. Et moi, ai-je déjà consenti, comme Matthias, à réorienter le cours de ma vie ? 

Une seule vérité

La vérité est une notion large, en tout cas assez pour m’accueillir et me laisser « sanctifier ». Devenir saint n’est pas s’échapper dans un monde de purs, c’est au contraire assumer ce monde, se laisser former par la vérité, y compris ce qu’elle recèle de complexe. En ces temps incertains, cette vérité semble relative, émiettée, parcellaire, plurielle, parce que revendiquée par des clans. Seigneur, fais-moi décliner la vérité au singulier, fais-moi l’aimer et relier à cette unité, pour laquelle j’ai prié au début de cette semaine. 

Amour, toujours

« Dieu, personne ne l’a jamais vu » mais « il nous a donné part à son Esprit », dit saint Jean dans la deuxième lecture. Un double constat qui doit nous sortir de la torpeur. C’est à l’amour que nous avons pour les autres que nous attestons de la présence du Seigneur. Tant a été dit sur l’amour qu’il nous faut sortir de cette impression de rabâchage pour admettre, paisiblement, que nos communautés ne le vivent pas encore complètement. Parce qu’il reste toujours un substrat en nous qui résiste à croire en la possibilité d’un amour gratuit, dénué de toute attente de réciprocité. Voilà pourquoi saint Jean insiste ! C’est dans cette foi ? qui n’est pas naïveté ? en la bonté qu’il y a à aimer que nous les chrétiens devenons lumière pour le monde.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Chapitre 17, versets 11b à 19

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie. Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. » AELF