Vers le Dimanche 16 août 2020

20ème dimanche du temps ordinaire

Lundi 10 AoûtMardi 11 AoûtMercredi 12 AoûtJeudi 13 AoûtVendredi 14 AoûtSamedi 15 AoûtDimanche 16 Août

Saint Laurent 

L’Église fait aujourd’hui mémoire de saint Laurent, diacre, qui a vécu au IIIe siècle. La légende raconte que le préfet de Rome, informé que l’Église possédait des trésors, fit venir Laurent et lui enjoignit de les livrer à l’empereur. Laurent demanda du temps pour rassembler les trésors de l’Église, puis il fit venir des orphelins et dit au préfet en les lui montrant : « Voilà les trésors de l’Église, que je vous avais promis. J’y ajoute les perles et les pierres précieuses, ces vierges et ces veuves consacrées à Dieu ; l’Église n’a point d’autres richesses. » Prions saint Laurent, qu’à son exemple nous ne détournions pas les yeux de la pauvreté.

Un cri 

La scène s’ouvre par un cri. Jésus et ses disciples marchent, Jésus se retire après avoir multiplié les pains et croisé le fer verbalement avec les pharisiens. Et soudain, un cri. Il y a beaucoup de cris dans la Bible. Des cris de douleur, de joie, de supplication, de révolte : « mon coeur et ma chair sont un cri vers le Dieu vivant » (Ps 83,3). Et moi, est-ce qu’il m’arrive de crier vers le Seigneur ? Je peux aujourd’hui faire cette demande un peu paradoxale à Dieu : qu’il me donne d’oser laisser monter vers lui mon cri, ce que je porte au fond de moi.

Les cris du monde

On entend le cri de la cananéenne comme il nous arrive sans doute aussi d’entendre des cris autour de nous, qu’ils s’adressent directement à nous ou non. Quelles sont mes réactions face aux cris du monde ? Quels sont ceux qui me touchent, qui m’appellent ? Ceux au contraire que je m’efforce de ne pas entendre, voire de faire taire ? Je prends un temps pour présenter au Seigneur les cris qui m’entourent, et lui demander de ne pas y rester sourd(e) et d’inventer avec lui la façon d’y réagir. 

Deux types de prière 

Dans cette belle page d’évangile, nous entendons deux types de demande : d’une part, celle de la cananéenne suppliante et insistante pour la guérison de sa fille, et d’autre part, la demande des disciples agacés et importunés par cette femme. Il est intéressant de voir comment sont formulées ces demandes ; les disciples disent à Jésus quoi faire : « renvoie-la ». La femme, elle, se positionne de façon très humble : « prends pitié de moi, Seigneur ». Sans doute suis-je situé dans ma prière tantôt comme les disciples, tantôt comme cette femme. Je demande au Seigneur de venir purifier ma prière, de la rendre plus humble, plus aimante, plus essentielle.

Une école de prière

Finalement on pourrait prendre cette cananéenne comme un modèle de priante : elle se prosterne devant Jésus ; elle confesse sa divinité ; elle est « centrée » sur Jésus sans se laisser troubler par les disciples ou par les convenances ; elle prie avec tout son être : son corps, sa sensibilité mais aussi sa fine intelligence qui lui permet de retourner l’image utilisée par Jésus. Je peux demander en ce jour au Seigneur la grâce de m’apprendre à prier à la manière de cette femme, avec sa foi, son audace et son humilité.

Vous les femmes… 

Une femme est venue troubler la route de Jésus et de ses disciples ! L’Église célèbre justement une femme aujourd’hui : c’est l’Assomption de Marie. Cette fête renvoie au fait que depuis son « oui » inaugural jusqu’à sa propre mort, Marie est la femme qui fait entièrement confiance à Dieu et qui ose demander des choses à Dieu comme à l’Annonciation, à Cana ou au Cénacle ! Confions-nous à sa prière : qu’elle intercède pour nous auprès de son fils et nous obtienne quelque chose de la foi de cette Cananéenne !

Une femme, des chiens, des miettes

C’est relativement choquant de voir cette femme s’humilier devant Jésus qui ne réagit pas, puis compare les païens à des chiens. Que retenir de cela ? Peut-être trois leçons : persévérance, pédagogie et intelligence. Tout d’abord, cette femme fait notre admiration par sa ténacité : elle ne lâche rien ! De plus, elle utilise la pédagogie même du Christ qui consiste à rejoindre l’autre là où il en est. En reprenant l’image des petits chiens qu’il a utilisée le premier, elle le rejoint dans sa logique. Sacrée leçon : garder le souci de comprendre la logique de l’autre et l’y rejoindre. Enfin la Cananéenne a une foi si profonde en Jésus que même ses remarques ne la détournent pas de son but. Que notre charité et notre foi se fassent inventives ! 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Chapitre 15, versets 21 à 28

En ce temps-là, partant de Génésareth, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. » Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! » Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! » Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » Elle reprit : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie. © AELF