Vers le Dimanche 31 mai 2020

Dimanche de la Pentecôte  

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S’enfermer

Quand on a peur, qu’on ne sait pas où aller, on rêve parfois simplement d’aller s’enfermer dans sa maison, dans sa chambre porte fermée, dans son lit sous les draps. On ne veut plus rien voir, ni rien entendre. Les disciples en sont là. Ils ont peur; peur des juifs comme dit le récit évangélique par crainte de subir le même sort que Jésus ; peur de demain : que peuvent-ils bien faire de leur vie maintenant que Jésus est mort ? Seigneur, rejoins-moi dans mes peurs, indique-moi mes lieux d’enfermement sur moi-même.

La paix soit avec vous

Ces cinq mots sont la manière de Jésus ressuscité de saluer ses disciples. Ils sont tout simples. Ce sont les paroles ordinaires de salutation dans beaucoup de pays : souhaiter la paix, c’est dire qu’on vient désarmé, qu’on veut le bien de ceux qu’on salue. Mais Jésus insiste; il les répète. Ces mots reflètent son souhait profond : que nos coeurs soient vraiment dans la paix. Seigneur, donne-moi d’accueillir cette paix plus forte que les guerres et les horreurs du monde.

Je vous envoie

Les disciples sont enfermés à double-tour. Pas rassurés, ils reçoivent pourtant une mission : Jésus les envoie. Il ne s’agit pas d’attendre que tout aille bien pour sortir; c’est la mission qui peut nous libérer de la crainte. Seigneur, quand je sais quelles sont les bonnes raisons de ne pas sortir vers mes frères, de rester à la maison, aide-moi à sortir quand même, car c’est seulement dehors que je pourrai vivre et distinguer ce qui n’était qu’une excuse de ce à quoi je dois faire attention.

Souffle

Quoi de plus dérisoire qu’un souffle. Même en soufflant fort, on peine à faire vaciller une flamme à plus de quelques dizaines de centimètres. Jésus agit ainsi avec ses disciples, comme Dieu avec Adam dans le livre de la Genèse : souffler, c’est donner vie; c’est le souffle d’un bouche-à-bouche qui fait sortir de l’inconscience; c’est le souffle d’un baiser échangé. Seigneur, rends-moi vivant : souffle en moi !

Esprit

Quoi de plus dérisoire qu’un souffle. Pourtant, sans souffle, je suis mort. Et c’est justement parce que c’est tout à la fois dérisoire et vital, que le souffle permet de comprendre qui est l’Esprit, celui qui fait toute chose nouvelle mais de manière si discrète qu’il se laisse si souvent oublier, celui qui n’a pas de visage parce qu’il en a mille. Souffle, Seigneur ! Que je vive de cet Esprit ; que je le reconnaisse en l’autre et que je puisse être à mon tour instrument de l’Esprit pour les autres.

Un sérieux pardon

« A qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis. » La mission est claire : transmettre le pardon de Dieu, l’annoncer toujours et partout : mission douce pour qui accepte l’amertume. Car annoncer le pardon, c’est rejoindre les personnes sur le lieu même de leur fragilité ou de leur manquement; c’est découvrir que nous ne sommes pas meilleurs qu’autrui. Annoncer le pardon, c’est parfois amer, mais c’est seulement là qu’on pourra comprendre la douceur du pardon divin. « A qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » La suite de la phrase a de quoi effrayer : les disciples auraient-ils le pouvoir de condamner ? Par cette phrase, Jésus ne relègue pas la miséricorde aux oubliettes; il indique plutôt le sérieux de leur mission : ne laissez échapper personne au pardon. Personne ne peut être oublié. Seigneur, donne-moi le courage d’être missionnaire de ta miséricorde.

L’Esprit n’est pas pour soi-même

La fête de la Pentecôte célèbre l’effusion de l’Esprit sur les disciples; elle est aussi l’anniversaire de naissance de l’Église. Ce jour-là, les disciples ne sont plus seulement ceux qui écoutent Jésus et le suivent; ils sont chargés d’une mission qui les dépasse; ils sont prêts à se disperser du Nord au Midi, du Couchant au Levant, pour propager la seule rumeur qui ait du poids : Jésus est Seigneur, Dieu l’a ressuscité d’entre les morts ! Pour les disciples en ce jour de Pentecôte, comme pour nous aujourd’hui, il ne faut pas nous tromper : le don de l’Esprit qui nous est fait n’est pas pour nous-mêmes mais pour le service et pour nous mettre au service comme Jésus, « le » Serviteur. Seigneur, envoie-nous !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Chapitre 20, versets 19 à 23

C’était après la mort de Jésus ; le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. A qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » © AELF