Vers le Dimanche 24 mars 2019

3ème dimanche de Carême

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Se convertir

Le ton de cet évangile est particulièrement grave, entre le récit de deux faits divers sanglants et une parabole austère. Pour Jésus, il s’agit de marquer les esprits. Il incite fermement ses auditeurs d’hier et d’aujourd’hui à avancer sur le chemin de la conversion. Telle est la grâce à demander durant ce carême : me laisser bousculer par la Parole de Dieu pour être mieux inspiré dans ma vie. Mais comment suis-je perméable à cette Parole ? Je décide de consacrer un peu de temps à cette écoute intérieure avant la fin de la journée.

Un homme fécond

L’Église s’autorise une pause dans ce temps de Carême en contemplant la figure de saint Joseph. Voilà un homme qui, contrairement au figuier, a porté du fruit en acceptant de devenir le père de Jésus. Je fais mémoire des quelques détails sur lui que révèlent les évangiles : homme juste, de la lignée de David, il emmène Marie et son enfant en Égypte pour les protéger, il éduque avec soin cet enfant qui lui est confié, il lui apprend un métier? Par son intercession, je demande au Seigneur la grâce d’une plus grande fécondité dans mes relations et mes actions.

Journal télévisé

Les événements rapportés à Jésus font partie du flot continu de mauvaises nouvelles qui parviennent jour et nuit par tous les médias : catastrophes, massacres, crises politiques, montée du populisme… Il est bien légitime d’essayer de comprendre tout ce non-sens : « Pourquoi cela arrive-t-il ? Pourquoi eux ? Pourquoi Dieu n’intervient-il pas contre cette violence ? Est-il vraiment un Dieu amour ? » J’accueille les doutes qui montent en moi. Je ne les refoule pas, mais je demande à Dieu son énergie pour affronter les combats et les doutes de ce jour.

« Pas du tout »

Jésus cherche à nous faire sortir de la confusion véhiculée par les fausses images de Dieu qui traînent dans la tête de ses interlocuteurs et dans les nôtres. Par exemple : « Dieu punit de mort le péché » ou encore « il provoque les catastrophes par vengeance ». Jésus répond par deux fois avec fermeté : non, « pas du tout », Dieu n’a pas voulu, ni permis cela. Mais cet incident est une occasion de se convertir pour sortir précisément de la confusion qui fait périr. Seigneur, libère-moi de mes ténèbres, de mes découragements et de mes fausses images de toi et de la vie.

Prendre soin

Jésus poursuit sa démonstration contre la confusion et le danger de mort que celle-ci représente à travers une parabole. Le début semble logique : « à quoi bon » conserver un arbre qui épuise en vain le sol ? Est-ce un châtiment divin face au péché des hommes ? En réalité, cette parabole met d’abord en valeur le coeur du vigneron qui n’hésite pas à négocier avec son maître pour offrir une « dernière chance » à cet arbre et qui promet d’en prendre soin. Je rends grâce pour la sollicitude de Dieu pour l’humanité, pour moi.

Fumier

Le vigneron est déterminé dans son opération de sauvetage. Il donne au maître des détails sur ses projets : retourner la terre avec une bêche, mettre du fumier autour de l’arbre… tout faire pour aider le figuier à reprendre sa croissance après trois années stériles. L’image du fumier est un beau symbole : ce qu’il y a de plus humble et de moins reluisant en nous sert à notre fécondité. Seigneur, montre-moi le fumier en moi , dans mon histoire, mon tempérament, mon environnement, mon coeur… Tu veux utiliser ce fumier comme un bon vigneron pour faire jaillir en moi des fruits plus nombreux, plus savoureux.

Convertissez-vous !

Par un ton ferme face aux fausses idées sur Dieu et par l’image du vigneron combatif, Jésus révèle à la fois le désir pressant de Dieu de nous voir entrer en conversion et sa patience toute miséricordieuse. Ce sont là deux leçons précieuses à méditer et à travailler. Oui, à travailler, seul et avec d’autres, car il n’est pas simple de comprendre l’action de Dieu quand vient le temps de l’épreuve pour soi et pour autrui. Le temps du carême est un espace privilégié pour contempler le visage de ce bon vigneron qui offre du temps pour nous convertir et pour le laisser prendre soin de nous et de nos résistances. Au coeur du Carême, laissons-nous faire, osons la confiance. Dieu ne veut pas nous décevoir.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Chapitre 13, versets 1 à 9

Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient. Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. » Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas. Il dit alors à son vigneron : ?Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?? Mais le vigneron lui répondit : ?Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.? » © AELF